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Détecteur de monoxyde de carbone : où et comment l'installer ?
Le monoxyde de carbone tue silencieusement. Aucune odeur ne vous alerte, aucune irritation ne vous prévient, aucun signe visible ne trahit sa présence. Pourtant, chaque année en France, environ 3 000 personnes subissent une intoxication au monoxyde de carbone, et une centaine en décèdent. Ces drames surviennent majoritairement en période hivernale, lorsque chauffages et cheminées fonctionnent à plein régime. La bonne nouvelle ? Un détecteur correctement installé et entretenu prévient quasi systématiquement ces accidents domestiques évitables.
Comprendre le danger invisible
Formation et propriétés du monoxyde de carbone
Le monoxyde de carbone (CO) se forme lors d'une combustion incomplète. Lorsqu'un appareil brûle du gaz, du fioul, du bois ou du charbon sans disposer d'un apport d'oxygène suffisant, la combustion ne se déroule pas correctement. Au lieu de produire principalement du dioxyde de carbone (CO₂), relativement inoffensif, l'appareil dégage du monoxyde de carbone, redoutablement toxique.
Ce gaz présente trois caractéristiques le rendant particulièrement dangereux. Premièrement, il est totalement inodore. Vous ne pouvez pas le sentir, contrairement au gaz naturel auquel on ajoute volontairement une odeur d'œuf pourri pour signaler les fuites. Deuxièmement, il est incolore et invisible. Aucun indice visuel ne révèle sa présence. Troisièmement, sa densité reste très proche de celle de l'air, ce qui signifie qu'il se mélange uniformément dans l'atmosphère de la pièce plutôt que de s'accumuler au plafond ou au sol.
Physiologiquement, le monoxyde de carbone agit en se fixant sur l'hémoglobine du sang avec une affinité 200 fois supérieure à celle de l'oxygène. Progressivement, il remplace l'oxygène dans votre organisme, provoquant une asphyxie interne. Les premiers symptômes ressemblent à une grippe : maux de tête, nausées, vertiges, fatigue. À des concentrations plus élevées ou lors d'expositions prolongées, surviennent confusion mentale, perte de conscience, puis décès.
Sources domestiques de monoxyde de carbone
Pratiquement tous les appareils utilisant une combustion peuvent potentiellement produire du CO en cas de dysfonctionnement ou de mauvaises conditions d'utilisation. Les chaudières au gaz ou au fioul représentent la source principale dans les logements modernes. Un défaut d'entretien, un conduit d'évacuation partiellement obstrué ou une ventilation insuffisante transforment une chaudière ordinaire en générateur de monoxyde de carbone.
Les chauffe-eau non électriques constituent une autre source fréquente, particulièrement les anciens modèles atmosphériques installés dans des salles de bain mal ventilées. J'ai personnellement connu un cas où un chauffe-eau de 30 ans, jamais entretenu, a intoxiqué toute une famille. Heureusement, les symptômes sont apparus assez rapidement pour qu'ils évacuent avant le drame, mais l'hospitalisation s'est avérée nécessaire.
Les appareils à bois et à charbon méritent une attention particulière. Poêles, cheminées ouvertes, inserts et cuisinières à bois produisent naturellement du CO durant la combustion. Tant que le conduit d'évacuation fonctionne correctement et que la pièce est suffisamment ventilée, le CO s'évacue normalement. Mais un conduit ramoné insuffisamment, un tirage défaillant ou une pièce trop étanche créent rapidement une situation dangereuse.
Les situations exceptionnelles génèrent également des risques. Utiliser un barbecue ou un brasero à l'intérieur, même brièvement, libère des quantités massives de CO. Faire tourner un groupe électrogène dans un garage, même porte ouverte, provoque régulièrement des intoxications graves. Certaines personnes laissent même leur voiture tourner au ralenti dans le garage pour la réchauffer en hiver, créant sans le savoir une atmosphère mortelle.

Cadre réglementaire : obligation ou recommandation ?
Contrairement aux détecteurs de fumée, obligatoires depuis 2015 dans tous les logements français, les détecteurs de monoxyde de carbone ne font l'objet d'aucune obligation généralisée pour les particuliers. Le ministère de la Santé les recommande fortement, particulièrement dans les logements équipés d'appareils à combustion, mais n'impose rien légalement.
Certaines situations spécifiques peuvent néanmoins créer des obligations locales. Des arrêtés municipaux, dans des zones particulièrement concernées par les intoxications, ont parfois rendu le détecteur obligatoire. Certains bailleurs imposent contractuellement l'installation de détecteurs CO dans leurs locations équipées de chaudières anciennes. Les assurances habitation commencent également à intégrer des clauses encourageant ou parfois exigeant ces détecteurs.
Juridiquement, l'absence d'obligation ne signifie pas absence de responsabilité. Un propriétaire-bailleur louant un logement avec une installation de chauffage défectueuse ou dangereuse engage sa responsabilité civile et pénale en cas d'accident. Un détecteur fonctionnel constitue un élément de preuve montrant qu'il a pris des mesures de prévention raisonnables.
Personnellement, je considère la question de l'obligation juridique comme secondaire face à l'enjeu vital. Pour 40€ en moyenne, un détecteur protège toute une famille contre un risque mortel avéré. Cette dépense me semble incomparablement plus justifiée que bien des achats quotidiens auxquels nous ne réfléchissons même pas.
Emplacements recommandés pièce par pièce
Zones prioritaires nécessitant impérativement un détecteur
La chaufferie ou buanderie accueillant votre chaudière constitue l'emplacement le plus critique. Installez le détecteur à une distance de 1 à 3 mètres de l'appareil, suffisamment près pour détecter rapidement toute émission anormale, mais pas trop près pour éviter que la chaleur dégagée ne perturbe le capteur. Si la chaudière se trouve dans un placard ou un espace confiné, fixez le détecteur à l'extérieur de cet espace, là où vous pourrez entendre son alarme.
Concernant la hauteur, les avis divergent entre fabricants. Le monoxyde de carbone ayant une densité proche de l'air ambiant, il ne monte pas systématiquement au plafond comme la fumée, ni ne stagne au sol comme certains gaz lourds. Il se diffuse uniformément dans la pièce. Certains fabricants recommandent une installation à hauteur respiratoire (environ 1,5 mètre), là où vous inhalez effectivement l'air. D'autres suggèrent le plafond, estimant que la légère différence de température crée malgré tout une stratification. Ma recommandation : suivez scrupuleusement les instructions du fabricant de votre modèle spécifique, car il a testé son produit dans des configurations diverses.
Le salon avec cheminée, insert ou poêle nécessite également un détecteur. Positionnez-le sur un mur adjacent ou opposé à l'appareil de chauffage, jamais directement au-dessus où la chaleur intense risquerait d'endommager le capteur ou de générer de fausses alertes. Veillez à ce qu'aucun meuble ne bloque la circulation d'air autour du détecteur.
Les chambres méritent une protection particulière. C'est durant le sommeil que vous êtes le plus vulnérable, votre vigilance naturelle étant absente. Une intoxication nocturne peut vous faire perdre conscience sans même vous réveiller. Installez au minimum un détecteur dans la chambre parentale. Si des enfants dorment dans une chambre équipée d'un chauffage d'appoint à gaz ou à pétrole (fortement déconseillé, mais malheureusement encore pratiqué), un détecteur y devient absolument indispensable.
Pour une salle de bain avec chauffe-eau au gaz, l'installation d'un détecteur semble logique, mais mérite réflexion. L'humidité constante dans cette pièce peut affecter la durée de vie du capteur. Si votre chauffe-eau est installé dans un placard séparé, placez le détecteur juste à l'extérieur, dans le couloir adjacent. Si le chauffe-eau trône directement dans la salle de bain, vérifiez que votre détecteur supporte l'humidité (certification adaptée) ou optez pour un positionnement juste à l'extérieur de la pièce.
Zones à éviter absolument
La cuisine pose un dilemme. Vous y disposez probablement d'une cuisinière au gaz, source potentielle de CO. Toutefois, installer un détecteur directement au-dessus ou à proximité immédiate des brûleurs garantit quasi systématiquement de fausses alertes. La combustion normale du gaz, surtout lors de l'allumage, produit de minuscules quantités de CO. Un détecteur trop proche réagira, vous forçant à le désactiver par agacement, le rendant totalement inutile. Si vous tenez absolument à surveiller la cuisine, placez le détecteur à l'opposé de la cuisinière, à au moins 3 mètres de distance.
Les toilettes et salles de bain (sans appareil à combustion) ne nécessitent aucun détecteur et ne constituent pas des emplacements adaptés à cause de l'humidité excessive. Cette humidité peut oxyder prématurément le capteur électrochimique, réduisant sa sensibilité ou provoquant des dysfonctionnements.
Le garage représente un cas particulier. Certes, les gaz d'échappement d'un véhicule contiennent du monoxyde de carbone en quantités importantes. Toutefois, les détecteurs de CO domestiques sont calibrés pour détecter les concentrations progressives typiques d'une fuite dans un logement, pas l'exposition massive et brève d'un démarrage de voiture. Utiliser un détecteur domestique dans un garage génère soit des fausses alertes constantes, soit une sous-réaction face au véritable danger. Si vous souhaitez surveiller votre garage, des détecteurs spécifiques pour gaz d'échappement existent.
N'installez jamais un détecteur directement à côté d'une fenêtre, d'une porte extérieure ou d'une bouche de ventilation. Les courants d'air dispersent le monoxyde de carbone avant qu'il n'atteigne le capteur, retardant dangereusement la détection. Respectez une distance d'au moins 1,5 mètre de ces ouvertures.

Installation technique : les bonnes pratiques
La hauteur d'installation fait débat même parmi les professionnels de la sécurité. Le monoxyde de carbone affiche une densité de 0,967 par rapport à l'air (1,0). Cette légère différence signifie qu'il tend très faiblement à monter, mais se mélange essentiellement de manière homogène avec l'air ambiant. Contrairement à la fumée qui monte franchement ou au propane qui descend nettement, le CO se comporte presque comme l'air lui-même.
Face à cette ambiguïté, les fabricants adoptent des positions variables. Certains, comme First Alert ou Kidde, recommandent une installation à hauteur de respiration, typiquement entre 1,2 et 1,8 mètre. Leur raisonnement : détecter le CO à la hauteur où vous le respirez effectivement. D'autres, comme Nest ou Honeywell, suggèrent le plafond ou le haut d'un mur, estimant que même une légère tendance à monter justifie cette position.
Ma recommandation pratique : consultez impérativement la notice de votre détecteur spécifique et suivez ces instructions. Le fabricant a testé son appareil dans diverses configurations et déterminé la position optimale pour ce modèle précis. Si la notice offre plusieurs options, privilégiez la hauteur intermédiaire (environ 1,5m) qui constitue un compromis raisonnable. Évitez absolument le sol, où le détecteur ne fonctionnera pas correctement, quelle que soit la densité théorique du gaz.
Pour la fixation, la majorité des détecteurs se montent muralement avec deux vis et chevilles fournies. Marquez l'emplacement au crayon, percez délicatement (attention aux câbles électriques et tuyauteries dans les murs), insérez les chevilles, vissez le support puis clipsez le détecteur. Certains modèles proposent également un support adhésif double-face, pratique pour les murs où le perçage pose problème, mais vérifiez la solidité à long terme.
Les modèles autonomes posés (non fixés) conviennent pour les situations temporaires : location de vacances, caravaning, chambre d'hôtel. Leur mobilité constitue leur atout, mais personne n'est à l'abri d'un renversement accidentel. Pour une installation permanente, la fixation murale reste préférable.
Respectez scrupuleusement les distances recommandées par rapport aux appareils. Trop près, la chaleur perturbe le capteur. Trop loin, la détection se retarde dangereusement. La fourchette 1-3 mètres constitue généralement un bon compromis, mais référez-vous toujours à la documentation spécifique de votre détecteur.
Choix du détecteur : critères techniques essentiels
La norme EN 50291 constitue l'exigence minimale absolue en Europe. Cette certification garantit que l'appareil détecte effectivement le monoxyde de carbone selon des seuils et délais définis, résiste à certaines conditions environnementales, et émet une alarme audible suffisamment puissante (minimum 85 décibels à 1 mètre). Un détecteur sans cette norme n'offre aucune garantie de fonctionnement correct. Vérifiez systématiquement sa présence sur l'emballage. Les certifications complémentaires NF ou CE renforcent cette assurance qualité.
L'alimentation influence directement la fiabilité et la maintenance. Les détecteurs à piles alcalines standards (généralement 2 ou 3 piles AA) nécessitent un remplacement annuel des piles. L'appareil émet un bip d'avertissement lorsque les piles s'affaiblissent, mais cela implique un suivi et un coût récurrent modeste. Les modèles à pile lithium scellée 10 ans éliminent cette contrainte : vous installez le détecteur et l'oubliez pendant une décennie. À la fin de vie de la pile, vous remplacez l'appareil complet. Cette solution coûte légèrement plus cher à l'achat (typiquement 50-80€ vs 30-50€), mais s'avère plus économique et surtout plus fiable sur la durée. Les détecteurs sur secteur avec batterie de secours offrent la fiabilité maximale, mais nécessitent une installation électrique, peu pratique pour la plupart des particuliers.
La durée de vie du capteur représente un élément crucial souvent mal compris. Le capteur électrochimique, technologie dominante dans les détecteurs domestiques, se dégrade progressivement par réaction chimique naturelle. Cette dégradation est inéluctable, même si le détecteur ne se déclenche jamais. Les fabricants garantissent généralement une efficacité entre 7 et 10 ans. Passé ce délai, le capteur perd sa sensibilité, risquant de ne plus détecter correctement le monoxyde de carbone. La date de fabrication est imprimée sur chaque détecteur. Notez-la et programmez un rappel pour remplacer l'appareil complet le moment venu. Oui, cela implique de jeter un détecteur qui semble fonctionner parfaitement, mais c'est le prix de votre sécurité.
Les fonctionnalités supplémentaires peuvent apporter une réelle valeur ajoutée. Un affichage digital montrant la concentration de CO en temps réel (en parties par million - ppm) vous informe d'une présence anormale même avant le déclenchement de l'alarme sonore. Si l'affichage indique 30 ppm de manière persistante, vous savez qu'un problème couve sans être encore critique. La mémoire du pic de concentration garde en mémoire la valeur maximale détectée depuis la dernière réinitialisation, utile pour vérifier si une exposition est survenue durant votre absence. L'interconnexion sans fil entre plusieurs détecteurs permet à tous les appareils de sonner lorsqu'un seul détecte du CO, garantissant que vous entendrez l'alerte même depuis le bout opposé de la maison. Le signal de fin de vie avertit clairement qu'il faut remplacer l'appareil, évitant d'oublier ce remplacement crucial.
Maintenance et surveillance : ne pas installer et oublier
Un détecteur de monoxyde de carbone n'est pas un objet qu'on accroche au mur puis oublie pendant des années. Il nécessite une maintenance minimale mais régulière pour garantir son efficacité.
Le test mensuel constitue la procédure la plus importante. Tous les modèles intègrent un bouton de test. Appuyez dessus durant quelques secondes. L'alarme doit retentir puissamment, prouvant que le circuit électronique, le haut-parleur et l'alimentation fonctionnent correctement. Ce test ne vérifie pas la sensibilité du capteur chimique lui-même, mais valide l'ensemble du système d'alerte. Effectuez ce contrôle le premier dimanche de chaque mois, par exemple, pour ne pas l'oublier. En cas d'absence d'alarme lors du test, remplacez immédiatement les piles si le modèle le permet, sinon remplacez l'appareil complet.
Le dépoussiérage semestriel préserve la sensibilité du capteur. La poussière accumulée sur les grilles d'entrée d'air peut obstruer partiellement les orifices, retardant la détection. Passez délicatement l'embout d'aspirateur en mode faible aspiration autour des grilles, ou dépoussiérez avec un chiffon sec. N'utilisez jamais de produits chimiques, de solvants ou de peinture à proximité du détecteur, ces substances pouvant endommager irrémédiablement le capteur.
Le remplacement des piles s'effectue dès l'émission du signal d'avertissement, généralement un bip court répété toutes les 30 à 60 secondes. N'attendez pas "quelques jours de plus", remplacez immédiatement. Un détecteur sans alimentation équivaut à une absence de détecteur. Pour les modèles à piles alcalines, un remplacement annuel préventif, même sans signal d'avertissement, constitue une précaution sage.
Reconnaître les signaux d'alerte évite la confusion et garantit une réaction appropriée. Une alarme continue forte et insistante indique une détection effective de monoxyde de carbone. Réagissez immédiatement : évacuez, aérez si possible sans retarder l'évacuation, appelez les secours. Un bip court intermittent (typiquement toutes les 30-60 secondes) signale une pile faible. Changez les piles rapidement. Trois bips courts répétés suivis d'une pause peuvent indiquer un défaut du détecteur ou sa fin de vie. Consultez la notice pour la signification exacte propre à votre modèle, et envisagez le remplacement. Un affichage digital montrant 50 ppm ou plus nécessite une vigilance accrue et des vérifications : aération, contrôle des appareils à combustion, et appel d'un professionnel. À partir de 100 ppm, la situation devient dangereuse, évacuez.
Conduite à tenir en cas de déclenchement
L'alarme stridente de votre détecteur retentit en pleine nuit. Que faire ? Gardez votre calme et suivez cette procédure méthodique qui peut sauver votre vie et celle de vos proches.
Première action immédiate : évacuez tous les occupants. Le monoxyde de carbone agit insidieusement. Vous vous sentez peut-être bien actuellement, mais la concentration augmente progressivement et vos capacités décisionnelles pourraient se dégrader rapidement. Ne perdez pas de temps à identifier la source ou à vérifier les appareils. Sortez, emmenant enfants, personnes âgées ou à mobilité réduite en priorité. Une fois dehors, à l'air libre, respirez profondément pour commencer à éliminer le CO.
Deuxième action : appelez les secours. Composez le 18 (pompiers) ou le 15 (SAMU) depuis l'extérieur. Expliquez clairement qu'un détecteur de monoxyde de carbone s'est déclenché et donnez votre adresse. Les pompiers disposent d'équipements de mesure permettant de confirmer la présence de CO et d'en identifier la source. Ne minimisez pas la situation en vous disant "je me sens bien, ce n'est probablement rien". Les symptômes d'intoxication peuvent être trompeurs et retardés.
Si possible sans prendre de risque ni retarder l'évacuation, ouvrez portes et fenêtres pour créer un courant d'air chassant le gaz. Mais cette action reste absolument secondaire : si elle vous ralentit, ignorez-la et sortez immédiatement.
Ne réintégrez le logement sous aucun prétexte avant le feu vert des pompiers, même si l'alarme s'arrête. Le silence du détecteur ne signifie pas disparition du danger, seulement que la concentration est retombée temporairement sous le seuil d'alerte. La source peut toujours émettre du CO.
Les pompiers effectueront des mesures, localiseront la source d'émission si possible, et valideront que l'atmosphère redevient sûre. Ils peuvent exiger l'intervention d'un professionnel (chauffagiste, ramoneur) avant toute réintégration. Suivez scrupuleusement leurs instructions. Votre vie vaut plus qu'une nuit d'hôtel si les pompiers jugent le logement temporairement inhabitable.
Si vous ou des membres de votre famille présentez des symptômes (maux de tête, nausées, vertiges, confusion), signalez-le immédiatement aux secours. Un bilan médical et éventuellement un traitement à l'oxygène hyperbare peuvent s'avérer nécessaires. L'intoxication au CO peut laisser des séquelles neurologiques si elle n'est pas traitée rapidement.

Prévention complémentaire : au-delà du détecteur
Un détecteur de monoxyde de carbone constitue votre dernier rempart, votre alarme de secours. Mais la véritable sécurité réside dans la prévention des émissions de CO. Plusieurs mesures complémentaires réduisent drastiquement les risques.
L'entretien annuel obligatoire de votre chaudière et chauffe-eau par un professionnel certifié n'est pas une simple formalité administrative. Durant cette intervention, le technicien vérifie la combustion, contrôle le conduit d'évacuation, nettoie les éléments encrassés, et s'assure du bon fonctionnement sécuritaire de l'appareil. Cette maintenance annuelle élimine la cause la plus fréquente d'émissions de CO : l'appareil mal entretenu qui dysfonctionne progressivement. Conservez précieusement les certificats d'entretien, ils peuvent être demandés par l'assurance en cas de sinistre.
Le ramonage des conduits de cheminée s'impose légalement deux fois par an pour les appareils à bois ou charbon, dont au moins une fois durant la période de chauffe. Un conduit progressivement obstrué par la suie et les résidus de combustion évacue mal les fumées, qui refluent dans la pièce chargées de monoxyde de carbone. Le ramoneur élimine ces dépôts, libère le conduit, et contrôle visuellement son intégrité (absence de fissures, de nids d'oiseaux...). Là encore, conservez le certificat de ramonage.
La ventilation du logement joue un rôle crucial. Les appartements et maisons modernes, bien isolés thermiquement, sont aussi beaucoup plus étanches qu'autrefois. Cette étanchéité préserve la chaleur, mais empêche le renouvellement naturel de l'air. Or, la combustion de n'importe quel appareil consomme l'oxygène ambiant. Dans une pièce insuffisamment ventilée, la combustion s'appauvrit en oxygène et génère de plus en plus de CO. Votre VMC (ventilation mécanique contrôlée) doit fonctionner en permanence. Ne la coupez jamais, même pour économiser l'électricité. Nettoyez régulièrement les bouches d'extraction (cuisine, salle de bain) pour maintenir le débit. Les grilles d'aération en bas des fenêtres ou dans les murs ne doivent jamais être obstruées, même partiellement. Aérez quotidiennement chaque pièce en ouvrant les fenêtres 10 minutes, même en hiver.
Ne jamais utiliser d'appareils inappropriés en intérieur. Cette règle semble évidente, pourtant les tentations existent. Un brasero ou barbecue pour une soirée conviviale "juste une fois"? Non, jamais, sous aucun prétexte. Un groupe électrogène dans le garage en cas de coupure de courant? Mortel. Une voiture qui tourne au ralenti dans le garage fermé pour la réchauffer? Mortelle. Ces situations génèrent des concentrations de CO foudroyantes en quelques minutes. Chaque hiver, les services d'urgence prennent en charge des intoxications, parfois mortelles, liées à ces comportements.
Questions fréquentes sur les détecteurs de monoxyde de carbone
Combien de détecteurs CO installer dans une maison ?
Le minimum absolu consiste à installer un détecteur par niveau de l'habitation comportant un appareil à combustion. Concrètement, si votre chaudière se situe au sous-sol et que vous chauffez avec un poêle à bois au rez-de-chaussée, installez un détecteur à chaque niveau. L'idéal inclut un détecteur supplémentaire dans chaque chambre, particulièrement celles des enfants ou personnes vulnérables. Cette redondance garantit qu'une alerte vous réveillera même avec la porte fermée. Pour une maison typique de plain-pied avec chaudière et cheminée, trois détecteurs (chaufferie, salon, chambre) offrent une protection correcte. Un pavillon sur trois niveaux pourrait en nécessiter cinq ou six pour une couverture optimale.
Un détecteur de fumée détecte-t-il le monoxyde de carbone ?
Non, absolument pas. Ces deux technologies sont fondamentalement différentes et non interchangeables. Les détecteurs de fumée utilisent des capteurs optiques ou ioniques réagissant aux particules de combustion (fumées visibles). Les détecteurs de monoxyde de carbone emploient des capteurs électrochimiques réagissant à ce gaz spécifique invisible. L'un ne remplace pas l'autre. Les deux sont nécessaires pour une protection complète de votre domicile : le détecteur de fumée vous alerte en cas d'incendie avec flammes et fumées visibles, le détecteur CO vous protège contre l'intoxication silencieuse. Certains appareils combinent les deux technologies dans un boîtier unique, solution pratique mais généralement plus coûteuse.
À quelle hauteur exactement fixer le détecteur CO ?
Cette question revient systématiquement et la réponse nécessite de la nuance. Le monoxyde de carbone ayant une densité quasi identique à l'air, il se répartit uniformément dans la pièce plutôt que de monter franchement (comme la fumée) ou descendre (comme le propane). Les positions entre 1,2 et 2 mètres de hauteur fonctionnent toutes correctement. La règle impérative : consultez et suivez la notice de votre modèle spécifique. Si elle indique "entre 1,5m et le plafond", respectez cette consigne. Si elle précise "à hauteur d'yeux, environ 1,5m", suivez cette indication. Ne placez jamais le détecteur au sol (inefficace) ni trop près du plafond si votre modèle le déconseille. En l'absence d'indication précise, la hauteur de 1,5 mètre (environ hauteur d'épaule) constitue un compromis universel satisfaisant.
Quelle est la durée de vie d'un détecteur de monoxyde de carbone ?
Les capteurs électrochimiques se dégradent inexorablement par vieillissement chimique, généralement sur une période de 7 à 10 ans selon les fabricants. Cette dégradation est indépendante de l'utilisation : même un détecteur jamais déclenché vieillit. Passé ce délai, la sensibilité diminue progressivement, risquant de ne plus détecter correctement les concentrations dangereuses. La date de fabrication (ou parfois date de remplacement recommandée) est imprimée sur chaque appareil. Marquez cette date dans votre agenda ou programmez un rappel sur votre smartphone. À l'échéance, remplacez l'appareil complet, même s'il semble fonctionner parfaitement lors des tests mensuels. Ce test vérifie l'alarme, pas la sensibilité précise du capteur. Considérez ce remplacement décennal comme un coût d'assurance-vie modeste.
Le détecteur CO se déclenche-t-il en cuisinant ?
Si votre détecteur se trouve à distance raisonnable de la cuisinière (au moins 3 mètres), cela ne devrait pas arriver avec un appareil correctement calibré et des équipements de cuisson fonctionnant normalement. Les brûleurs à gaz en bon état produisent une combustion quasi complète générant du CO2 (dioxyde de carbone) mais très peu de CO (monoxyde). Toutefois, un détecteur mal placé directement au-dessus de la cuisinière pourra réagir aux micro-émissions survenant à l'allumage ou lors d'une flamme insuffisamment réglée. Si vous constatez des déclenchements répétés lors de l'utilisation normale de votre cuisinière, deux scénarios possibles : soit le détecteur est trop proche et doit être repositionné, soit votre cuisinière présente réellement un défaut de combustion nécessitant l'intervention d'un professionnel. Ne supposez jamais automatiquement une fausse alerte sans investigation. En cas de doute, faites contrôler votre installation par un technicien certifié.


